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Yamaha HS50M, HS80M et HS10W

21 mars 2007
Banc d'essai des moniteurs actifs de proximité et du caisson de grave de la série HS Yamaha.
Introduction
    Bien mieux que les NS-10 !

    Dans les années 80, pas un studio sans enceintes Yamaha NS-10... Après les prestigieux modèles actifs MSP10, le constructeur persiste et signe dans le domaine des moniteurs de proximité avec la nouvelle gamme HS. Un futur best-seller ?

    Peu d'enceintes sont aussi légendaires, dans un sens ambivalent du terme, que les Yamaha NS-10. On ne compte plus les hits, dans les années 80 et 90, qui ont été mixés dessus par les plus grands producteurs. On ne compte pas non plus le nombre de mouchoirs en papier scotchés sur leurs tweeters, ni le nombre de transducteurs (grave comme aigu) grillés en séance, la puissance admissible n'étant que de 60W, pour une efficacité de 90 dB SPL... Avec un humour très « second degré », Yamaha n'hésite pas, dans sa littérature publicitaire, à les qualifier de « moniteurs de référence en studio ».

Une référence à l'envers
    Référence, oui, mais pas au sens habituel du terme. De l'aveu même de nombre d'ingénieurs du son, ce modèle, issu d'une enceinte hi-fi, proposait une restitution tellement particulière qu'il fallait vraiment s'escrimer sur son mix pour le faire sonner : graves pâlichons (boomer papier 17 cm, sans bass-reflex), médium proéminent et cartonneux, aigus stridents (tweeter à dôme résine de 35 mm, décalé, monté sans guide d'ondes pour bien éclabousser partout)... De plus, le placement à l'horizontale sur la console provoquait toutes sortes de réflexions assez destructrices dans le bas médium : une vraie catastrophe pour un audiophile/ acousticien ! Au final, effectivement, une fois qu'un morceau sonnait bien làdessus, on pouvait le passer sur à peu près n'importe quoi, on en retrouvait les principales options de mixage. Les NS-10 étaient, en quelque sorte, l'équivalent, en plus perçant, des Auratone, ces fameux cubes à haut-parleur large bande qui avaient droit de cité auparavant, en studio, pour simuler une écoute AM. Avec les NS-10, on était plutôt dans le monde sonore des stations FM privées, genre NRJ, traitement d'antenne inclus... Pour info, elles coûtent environ 500 euros la paire, en bon état. Les transducteurs sont désormais indisponibles, car plus fabriqués.

    Les NS-10 étaient des modèles passifs. Et, dans les années 90, le monde des studios est ensuite passé au concept actif, sous l'égide d'un constructeur finlandais bien connu. Yamaha ne pouvait rester les bras croisés, et proposa les modèles MSP5 et assimilés. De très bonnes enceintes au demeurant mais qui, à cause de leur finition noir laqué, n'avaient sans doute pas bénéficié de l'effet « Madeleine de Proust » associé à la NS-10. Les designers ont donc, pour concevoir la nouvelle gamme HS, repris les canons esthétiques de la NS-10 : boomer blanc, grille devant le tweeter... Le marketing aime voguer en terrain familier, rappeler des modèles connus. Il ne s'agit pas moins de modèles actifs, bass-reflex, équipés de tout le confort moderne : blindage, réglage de courbe de réponse, guide d'ondes, caisson de graves actif étudié spécialement... Le tout à un prix abordable : un système triphonique HS- 50/80 revient respectivement à 890 et 1 120 euros. Un prix et des dimensions qui les rendent aptes à un travail en home-studio.
Les HS 50M, le "petit" modèle
    Commençons par le « petit » modèle, le HS50, proposé à 190 euros. Compact (165 x 270 x 220 mm), blindé magnétiquement, il possède unboomer en polypropylène blanc, à suspension caoutchouc souple, de 130 mm (5 pouces), sans fils visibles, animé par un amplificateur d'une puissance de 45W. Le HP est chargé en bass-reflex, l'évent débouchant en haut du panneau arrière. Le tweeter à dôme, soustrait aux regards par une grille noire au maillage assez serré, ne mesure que 20 mm de diamètre, et l'amplificateur associé avoue 25 W efficaces. Le raccord en fréquence s'effectue à 3 kHz. L'enceinte ellemême est réalisée en médium (Medium Density Fiberboard, panneau de fibres de bois de moyenne densité, souvent utilisé par les constructeurs d'enceintes acoustiques) grainé noir, aux coins arrondis (adieu le contreplaqué veiné des NS-10 !).

    La mise sous tension s'effectue sur le panneau arrière. Un logo Yamaha blanc, portant le triple diapason, s'allume en guise d'indicateur. Contrairement à son ancêtre, le tweeter n'est pas décalé par rapport au boomer et l'enceinte est prévue pour un placement vertical. La connectique est entièrement analogique : une embase XLR, dépourvue de verrouillage, et un jack symétrique compatible asymétrique. Même si les adaptateurs ne coûtent pas cher, on aurait aimé disposer aussi d'une entrée RCA. Un potentiomètre de réglage de sensibilité est prévu, avec des repères (non crantés) correspondant aux positions « standard » - 10 dBV et + 4 dBu. Comme sur tous les modèles amplifiés, on trouve plusieurs micro-interrupteurs pour agir sur la courbe de réponse : Mid EQ (bosse de + 2, 0 ou - 2 dB à 2 kHz) ; Room Control (bascule de 0, - 2 ou - 4 dB en dessous de 500 Hz) ; High Trim (+2, 0 ou -2 dB au-delà de 3 kHz) ; Low Cut (passe-haut à 80 ou 100 Hz, 12 dB/oct.). À l'écoute, les HS50 nous ont semblé très précises, mais un peu dépourvues de corps (même en les adossant à 10 cm d'un mur). Leur réponse sur les transitoires est intéressante. À notre avis, elles ne sont pas faites pour une écoute à fort niveau - leurs aigus « en avant », particularité souvent qualifiée d'agressive, contribue à fatiguer rapidement de l'oreille. Pas la peine pour autant de ressortir la boîte de mouchoirs en papier entamée pour les NS-10 ! Yamaha annonce une courbe de réponse descendant à 55 Hz (dans un couloir généreux de - 10 dB quand même, soit environ ± 15% de niveau par rapport à une référence) : les HS50 ne nous semblent pas atteindre cette fréquence. Ce n'est pas par affolement ou incapacité : même à un niveau d'écoute relativement élevé, le registre grave (ou ce qui en tient lieu) reste tout à fait maîtrisé et précis. C'est la quantité qui est en jeu. Mais heureusement...

Le HS 10W tranfigure les enceintes
    Prévoyant, Yamaha Musique France nous a confié un caisson de graves, le HS10W. On ne sonorisera certes pas Bercy avec, mais ce n'est pas un jouet pour autant. Il possède un boomer à longue excursion de 200 mm de diamètre, monté en bass-reflex. L'évent, de diamètre généreux, débouche en face avant, au-dessus du logo lumineux Yamaha, mais le haut-parleur rayonne son énergie sonore vers le sol, ce qui explique les pieds de 5 cm de haut - une astuce pour augmenter le niveau dans les graves à puissance constante. Le HS10W possède un amplificateur de 120 W. Intégrant ses propres pieds, l'engin tarifé à 510 euros mesure 350 x 300 x 390 mm et pèse 12,5 kg. Il intègre différents filtres en interne : coupe-bas de 120 à 80 Hz agissant sur les sorties vers les enceintes, avec interrupteur ; coupe-haut, lui aussi de 80 à 120 Hz, pour le caisson lui-même. Un inverseur de phase et le réglage de volume du caisson complètent le panneau arrière.

    Petite subtilité de connectique : le caisson est muni, comme les enceintes, d'entrées jack et XLR, mais ses sorties vers les enceintes actives s'effectuent en XLR uniquement. C'est malin, nous avions justement connecté les HS80 avec des jacks... Du coup, séance de débranchement, de recherche fiévreuse de ces deux câbles micro de 6m achetés quelques semaines auparavant... Pourquoi ne pas implanter des Combi pour être tranquille ? Un troisième connecteur XLR, repéré Ext Sub Out, sert à récupérer la somme des signaux d'entrée gauche/ droit après filtrage, afin d'alimenter un second caisson externe, par exemple. Nous avons découvert le HS10W avec les HS50. Ce n'est rien de dire qu'il transfigure littéralement les enceintes ! Sa courbe de réponse est donnée jusqu'à 30 Hz, toujours dans un couloir de - 10 dB. Là encore, c'est assez optimiste mais, incontestablement, la restitution gagne en coffre et les HS50 semblent soudain bien plus grosses... Il ne faut toutefois pas hésiter à optimiser le raccord empiriquement, à l'oreille, en jouant sur le filtre passe-bas du caisson et le filtre passe-haut de l'enceinte, et essayer en phase et hors phase. Une fois cette opération effectuée, on gagne tranquillement deux octaves vers le bas avec les 50, ce qui transfigure le système d'écoute. De système d'évaluation, on passe à un système « de travail », fiable sur l'ensemble du spectre.
Les HS 80M, dimensions supérieures
    Les HS80 sont les grandes soeurs des HS50. À 305 euros pièce, elles en reprennent les aspects généraux, avec des dimensions supérieures : 250 x 390 x 330 mm (comparables à celles de la NS-10 originale), pour un poids de 11,3 kg. Plus difficiles à placer sur un plan de travail que les HS50 ! Pour distinguer les deux soeurs sur une photo, il suffit de remarquer que le boomer possède des fils apparents sur la membrane ou de mesurer ledit boomer (qui fait ici 20 cm, soit 8 pouces, d'où la référence de l'enceinte) et le tweeter (25 mm). Le filtre répartiteur est modifié, le raccord s'effectuant à 2 kHz. Comme les amplificateurs sont plus puissants (75 W dans le grave, 45 W dans l'aigu), il a fallu prévoir un radiateur à l'arrière de l'enceinte, pour dissiper la chaleur, alors que ce n'était pas nécessaire sur les 50. Yamaha annonce une réponse en fréquence allant de 42 Hz à 20 kHz, toujours à - 10 dB. D'après nous, on est plus proche de 60 Hz...

    À l'écoute, les HS80 possèdent indubitablement davantage de « coffre » que les HS50, avec un niveau sonore maximal supérieur. Elles se prêtent plus facilement à une utilisation autonome, sans caisson de graves. La restitution des aigus possède le même caractère que sur les 50, avec cette projection que certains qualifieront d'agressive sur certains sons déjà un peu « mordants ». Le bas médium, sur certaines voix graves, limite pâteuses, paraît un peu mieux détouré sur les 80 que les 50 : peut-être un trait de caractère du boomer ? En revanche, ayant placé les 80 exactement au même endroit que les 50, l'image stéréo et la profondeur nous ont semblé légèrement en retrait par rapport aux HS50 : peutêtre un effet des plus faibles dimensions de ces dernières et du guide d'ondes du tweeter un peu différent ? En ajoutant le caisson, on ne modifie pas aussi radicalement le rendu global qu'avec les HS50. Ce qui ne signifie pas pour autant que le HS10W est superflu... On gagne sans doute une octave, ce qui donne une assise assez remarquable à la restitution. Il faut modifier les réglages des filtres par rapport à ceux utilisés avec les HS50 et l'on obtient un système assez homogène.
Un système complet
    Par ses caractéristiques et son prix, la gamme HS d'enceintes actives Yamaha trouvera sans doute une place dans un marché où les références ne manquent pas : citons par exemple les Fostex PM, les Tannoy Reveal, ou, plus haut en gamme, les Genelec 8020/8030A, Dynaudio BM5, Mackie HR624... La restitution est claire, limite agressive à haut niveau, ce qui plaira à certains. L'image stéréo est bien restituée et la qualité de fabrication très correcte. Le caisson de graves transfigure les 50 et complète bien les 80. Décidément, les HS ne sont pas les nouvelles NS-10, qu'on se le dise...

    Franck Ernould
Cet article vous est proposé par PcMusic en collaboration avec Keyboards-Recording
Publication de la société Studio Presse, Keyboards Recording est le magazine francophone de référence sur le Home studio et les claviers.
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