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La compression - part.1

1 mai 1995 - par cbraut
Manier le compresseur avec pertinence et dextérité, ne rien ignorer de ses secrets, du soft knee au hard knee, du treshold au sidechain, tel est le but que nous vous engageons à poursuivre au travers de deux épisodes pédagogiques et néanmoins récréatifs.

Compresser une source sonore, que ce soit un instrument isolé, un mixage stéréophonique, etc., consiste à en réduire la plage dynamique. Cette plage, qui s'exprime en décibels (dB), représente le rapport d'amplitude entre le niveau maximum et le niveau minimum de ladite source.
Paradoxalement, on qualifie fréquemment de dynamique (au sens qui manifeste de l'énergie ), un signal abondamment compressé, et dont la plage dynamique (au sens étendue des écarts de niveau ), est justement réduite. Effectivement, à l'écoute, la linéarité ainsi obtenue provoque une sensation de puissance. De cette double signification d'un même mot, dans un même contexte, naît parfois une certaine confusion dans certains esprits confus...
Manuel ou automatique ?
    Lorsque l'ingénieur suit à l'oreille le niveau d'une piste, en compensant d'un élégant mouvement de fader les variations de volume, il compresse manuellement le signal. D'où l'expression suivre une basse , suivre une voix ... Certes, le temps que son cerveau (même abondamment irrigué et copieusement alimenté en phosphore), interprète l'information et la communique à ses mains, parions que la source sonore ait commencé à traverser la tranche avant d'avoir été atténuée. Si les automations de consoles permettent d'améliorer le processus, il n'en demeure pas moins que techniquement, l'homme ne peut prétendre rivaliser avec le compresseur, qui pour sa part, accomplit sa tâche quasiment sans introduire de délai.
    Tout comme ses proches cousins spécialisés dans le traitement de la dynamique (l'expanseur et le limiteur), notre ami compresseur fait appel aux services d'un circuit chargé de commander le gain du signal à traiter (en l'occurrence de l'atténuer) dans des proportions déterminées par une tension de contrôle. Cette dernière est dérivée de l'enveloppe d'amplitude, soit du signal à traiter (cas le plus courant), soit d'un autre signal, réceptionné à l'entrée key (une notion que nous gardons de côté pour le mois prochain).
    Si le compresseur et l'ingénieur que nous évoquions à l'instant, les doigts sur ses faders, poursuivent un seul et même objectif (contrôler la dynamique du signal), les résultats diffèrent. Bête et méchant, le compresseur accomplira aveuglément sa besogne sans induire de retard, tandis que l'ingénieur, intelligent et bon, réagira peut-être plus lentement, mais suivant des critères artistiques. Mon premier sera plus efficace que mon second dans certaines circonstances (pour par exemple compresser une caisse claire), et réciproquement.
Supports
    Pour information, la plage dynamique de l'oreille humaine, à savoir l'écart entre le seuil d'audibilité et celui de la douleur, est d'environ 130 dB. Sachez d'autre part que celle d'un orchestre symphonique, des passages les plus faibles aux passages les plus forts, avoisine les 70 dB. Or, pour la plupart, les supports d'enregistrement et de reproduction (de même que les procédés de diffusion), sont incapables de restituer de telles dynamiques. Leur plage est limitée d'un côté par le bruit de fond inhérent au support, et de l'autre, par la distorsion. Par exemple, ce bon vieux vinyl n'encaisse pas plus de 45 dB !
    Ceci pour dire qu'avant de pouvoir exploiter un disque, une cassette, une bande magnétique..., il s'avérera nécessaire de compresser le signal, afin de le faire tenir dans les limites imparties. Certes, le numérique a amélioré bien des choses. Sur le papier (encore qu'en pratique, ce chiffre soit à réviser à la baisse), la dynamique est égale à la résolution, exprimée en bits, multipliée par six. Ainsi, pour le disque compact et ses 16 bits, elle est de 96 dB (16 x 6 = 96).
Digression
    Malgré la plage dynamique qu'offre le numérique, on continue allègrement à compresser la musique. Déjà, compte tenu du fait que pour le plus grand nombre, un disque moins fort soit généralement synonyme de disque moins bien, le principal souci, tout du moins en matière de rock et de variété, reste de plafonner : de se rapprocher du volume maximum possible. Autre grand responsable de ce nivellement vers le bas : la diffusion radiophonique. En effet, tout comme pour les disques, l'attention de l'auditeur balayant frénétiquement la bande FM, sera retenue par les stations de plus fort volume. Ainsi, pour avoir le maximum d'impact, une majorité de radios cherche à utiliser de façon optimum le taux de modulation de l'émetteur : une véritable course au niveau sonore.
    Certaines d'entre elles, notamment celles diffusant du classique, refusent cependant de jouer à ce petit jeu. Tant pis si les 70 dB d'une symphonie, parfaitement adaptés à l'Opéra Garnier s'accommodent moins bien d'une écoute par voie hertzienne dans une Ami 6 décapotable, entre La Grande Motte et Palavas les Flots. Non, nos amis esthètes ne pourront pas fendre l'air, au volant de leurs rutilants véhicules, tout en profitant pleinement de la Petite musique de nuit ou des Quatre saisons . Pour ce faire, il aurait fallu compresser sauvagement, au détriment de la musique... Faute d'avoir procédé à ce massacre, voici donc notre malheureux conducteur contraint, soit de régler son transistor à un niveau raisonnable, acceptant de n'entendre que les fortissimo (les pianissimo demeurant couverts par les bruits du moteur) , soit de monter le volume jusqu'à discerner les pianissimo , acceptant que les fortissimo lui crèvent les tympans. Telle serait la triste réalité de l'automobiliste mélomane...
    Fort heureusement, pour la plus grande joie des petits et des grands, les FM plus modernes abusent de ce procédé, et l'on passera de Fun à NRJ, de Skyrock à M40, sans ressentir le moindre écart de niveau (ni de programmation, d'ailleurs). Comment ne pas tarir d'éloges sur les bienfaits de la technologie ?
Compromis
    Que ces considérations ne nous éloignent pas de nos préoccupations quotidiennes, à savoir la compression en studio. Du multipiste à cassettes au magnétophone numérique, chacun sait qu'il convient, pour éviter le souffle du support (en analogique) ou le bruit de quantification (en numérique), d'enregistrer le plus fort possible, sans toutefois dépasser le niveau toléré, faute de se retrouver avec un signal distordu (la distorsion provoquée par l'analogique étant recherchée, dans des limites raisonnables, par certains ingénieurs, tandis que celle du numérique, qu'il serait plus rigoureux de qualifier d' écrêtage , est définitivement inacceptable).
    Si le problème était aussi élémentaire, il suffirait de compresser sans discernement tous les signaux, voire de les limiter (c'est-à-dire de les empêcher purement et simplement de dépasser un certain seuil), avant de les enregistrer... Gageons qu'en un éclair, ce type d'option tourne à la catastrophe. Tout est donc affaire de compromis. Savoir préserver la qualité audio d'une prise de son en respectant son aspect vivant , en ne gommant pas trop ses nuances : telle sera votre mission, si vous l'acceptez. Tout est également affaire de goût, et de genres musicaux : compresser à outrance une basse et une batterie collera sans doute mieux à de l' acid house qu'à du cool jazz ...
Avant ou après ?
    Faut-il compresser avant ou après enregistrement ? Le paragraphe précédent vous a fourni quelques éléments de réponse, puisque pour préserver la qualité d'une prise, vous savez maintenant qu'il est indispensable d'avoir suffisamment de niveau, de pas trop flirter avec le bruit de fond ou de quantification du support. Toutefois, comme tous les traitements modifiant la nature même de l'enregistrement, revenir dessus lors du mixage semble difficile. Face à ce caractère irréversible des effets appliqués en amont de la bande, une bonne méthode consiste donc à compresser avant, avec parcimonie, tout en conservant la possibilité de compresser de nouveau après, en cas de besoin. Méfiez-vous des compresseurs de qualité moyenne, avec lesquels on prendra garde, du fait de leur propension à dénaturer le son, à ne pas effectuer cette double compression.
Tout ou partie ?
    En dehors de la compression isolée de chaque instrument, avant, après, ou avant et après enregistrement, il n'est pas rare de compresser l'ensemble d'un mixage. En prenant garde de ne pas y aller trop violemment (pour ne pas supprimer tout relief, ni modifier l'équilibre), faire ainsi tenir le morceau dans une certaine fourchette permettra d'une part d'optimiser le rendement du support de reproduction (les mêmes principes s'appliquent au mastering qu'à l'enregistrement), et de l'autre, de se soumettre aux impératifs de la diffusion.
    Il importe cependant de prendre conscience des dangers que représente une compression stéréo. En imaginant par exemple que la caisse claire ait été mixée très en avant, le compresseur, en abaissant son volume, atténuera du même coup celui des autres instruments. Conclusion : à chaque frappe de caisse claire, l'ensemble du morceau subira une baisse d'amplitude. Pour peu que les réglages soient inappropriés (notamment celui du release, que nous examinerons le mois prochain), il s'en suivra un effet désagréable, dit de pompage (cf. figure 2), ou pumping , comme disent les anglo-saxons.
    Si l'on avait pris soin, au préalable, de compresser individuellement cette fameuse caisse claire, le compresseur stéréo n'aurait pas eu à se démener de la sorte. Ceci pour dire que la compression des instruments, pris isolément, et celle d'un mixage, sont complémentaires : la première, en évitant de trop grandes pointes, évitera à la seconde de travailler à l'excès, provoquant parfois ce désagréable effet de pompage.
    Au stade du mastering, on se retrouve confrontés au même problème. En supposant qu'une pêche de cuivre dépasse d'une courte tête tous les autres instruments, l'ingénieur devra, soit privilégier la qualité audio au détriment de la qualité artistique (en compressant l'ensemble pour optimiser le rapport signal/bruit, ce qui, durant cette pêche de cuivre, atténuera par conséquent tout le reste du mix), soit privilégier la qualité artistique au détriment de la qualité audio (en ne compressant pas, ce qui, sauf pendant cette pêche de cuivre, aura pour effet de sous-exploiter la dynamique du support, d'abaisser tout le reste du morceau par rapport au niveau des autres disques).


    Plus chargée, la partie 2 comprend un glossaire définissant les principaux termes liés à la compression, des conseils plus pragmatiques, ainsi qu'un wagon de trucs et astuces.
A propos de l'auteur: cbraut
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